Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 18:06

 

Le Codex de Florence



Le Codex de Florence, également connu sous le nom de Codex Florentin est une œuvre majeure de Bernardino de Sahagun (1499-1590), moine franciscain ayant voyagé et habité à la Nouvelle Espagne. Ce texte, datant approximativement de 1575-1577, est le fruit d'un long travail qui lui est confié par Francisco de Toral, et qu'il débute en 1558 avec l'aide de ses étudiants, ainsi que des informateurs et scribes indigènes. Toutefois, le manuscrit trouvé à Florence, d'où son nom, n'est pas un original, mais une copie, supposément entrée à la Biblioteca Medicea Laurenziana en 1588, puis officiellement intégrée dans le catalogue en 1793. Elle est encore conservée aujourd'hui en Italie.

Le codex possède environ 2466 pages, divisées en trois volumes d'environ 30cm x 20cm. L'ensemble est organisé en 12 chapitres traduits en trois langues, à savoir en nahuatl dans une colonne droite, et partiellement en espagnol et latin dans la colonne gauche.

Il traite successivement des dieux et de leurs origines, des cérémonies, de l'astrologie, des présages, de la rhétorique, de l'astronomie, de l'histoire et mode de vie des seigneurs, des marchands, des "vices et vertus" des "Indiens" (Amériques/Inde, toussa toussa...), des maladies, de l'histoire naturelle, et de la Conquête espagnole.    

En plus de cette compilation d'information extraordinaire, obtenue par des collectes de données via des entretiens avec les indigènes à Tepepulco, Tlatelolco et Texcoco, le texte est agrémenté, côté colonne gauche, de 623 décorations et 1845 représentations de type «vignettes» polychromes, peintes par des artisans locaux, les tlacuilos, ce qui confère à l'ouvrage un aspect fortement métissé, résultat original de ce mélange de sources mexicaines mêlées aux techniques et aux canons européens.  


 

(A gauche, Codex de Florence: vignette représentant des indiens partageant un repas. A droite, Codex de Florence: vignette représentant deux joueurs de patolli, un jeu de hasard populaire ressemblant au jeu de l'oie.)


 591px-Aztec_shared_meal.jpg   board-games-patoli-1569-Codex-Florentinus-from-Historia-de-.jpg       

 

Ce projet d' «Historia vniversal, de las cosas de la nueva españa», était de fournir une sorte d'abrégé de culture mexicaine en langue aztèque, afin d'aider à la christianisation des autochtones. On y retrouve donc beaucoup de scènes de la vie quotidienne, d'artisanat, d'illustrations de la faune et de la flore, et notamment des plantes et de leurs utilisations.



(A gauche, Codex de Florence: page avec vignettes illustrant les traitements des plumes. A droite, Codex de Florence: page de texte et d'illustrations sur la récolte de «tecuitlatl», une algue plus connue aujourd'hui sous le nom de spiruline, utilisée dans l'alimentaire.)


    Coloration-des-plumes-dans-un-atelier-d-Amantecas--Codex-de.jpg121_01_2.jpg

 

Toutes ces informations proviennent des souvenirs de vieillard nés avant la Conquête espagnole, et interrogés à l'aide de questionnaires, à l'instar des méthodes de sciences sociales modernes. Les «pinturas» et commentaires en nahuatl obtenus à la suite des entrevues sont la source des brouillons et travaux préparatoires de Sahagun (les «Codices Matritenses»), qui n'hésite pas à reprendre ou corriger lui-même les textes de ses collaborateurs.

Ses études sur les indigènes intéressent: il fournit des écrits au Pape Pie V, ainsi qu'une traduction complète en espagnol de son projet à Rodrigo de Sequera; mais Sahagun a également des censeurs : il subit une première confiscation suite à un conflit avec son supérieur et il faut attendre 1573 pour qu'il récupère ses écrits.

Puis, en 1577, c'est l'interdiction définitive sur ordre de Philippe II; Sahagun ne reverra plus jamais ses travaux, ceux là même qui aujourd'hui, nous reviennent dans cet exceptionnel exemple de codex colonial.


«Par certaines lettres que nous avons reçues de ces provinces, nous avons appris que le Frère Bernardino de Sahagún de l'ordre de Saint-François a composé une Histoire universelle des choses les plus remarquables de cette Nouvelle-Espagne, laquelle est un recueil fort copieux de tous les rites, cérémonies et idolâtries dont les Indiens usaient au temps de leur infidélité; elle est divisée en douze livres et composée en langue mexicaine. Et, bien qu'il soit évident que le zèle du dit Frère Bernardino ait été bon et inspiré par le désir de faire œuvre utile, il est apparu qu'il ne convient pas que ce livre soit imprimé ni ne circule d'une quelconque manière en ces régions, pour un certain nombre de raisons».

 


    sahagun_ficha.jpg

 





Références textes et images:

-Wikipédia/google images

-Site Encyclopédie Universelle de la langue française

-Article «Fray Bernardino de Sahagún et le Codex de Florence :
un exemple de non-découverte de l'écriture aztèque»
de Marc Thouvenot.

-Article «Exploring the Florentine Codex» du J.Paul Getty Museum

-Article «La description du Grand Temple de Mexico par Bernardino de Sahagun (Codex de Florence, annexe du Livre II)» de Aurélie Couvreur, extrait du Journal de la société des américanistes de 2007

Partager cet article

Published by Le hérisson en boule - dans Histoire et Vie
commenter cet article

commentaires

Home Sweet Home

blog se nourrit commentaire

Always Look On The Bright Side Of Life